Accueillir le retour du Seigneur après avoir quitté une église désolée

Dès mon plus jeune âge, ma mère m’emmenait à l’église pour lire les textes sacrés et assister à la messe. Nous partions souvent à trois ou quatre heures du matin. L’église était vraiment grande et elle était toujours remplie, et parfois même, certains paroissiens écoutaient debout à l’entrée. Après avoir assisté à une messe, si j’apprenais qu’on allait en célébrer une autre, je voulais y assister aussi. Je ne manquais jamais de réciter le chapelet chaque matin et chaque soir, et s’il m’arrivait d’avoir oublié de le faire, je me réveillais au milieu de la nuit pour le réciter avant de me rendormir.

certains s’endormaient Cependant, au bout de quelques années, pour une raison ou une autre, le taux de participation à la messe avait chuté de moitié, voire davantage, et tout en écoutant les prêtres, certains s’endormaient ou se mettaient à discuter entre eux. Certains venaient à l’église pour y vendre des produits cosmétiques, d’autres pour boire un coup ou pour échanger des propos sur leur vie familiale. Je me demandais à quoi cela était dû. Ils n’allaient donc pas à l’église pour vénérer Dieu ? En outre, les prêtres ne faisaient pas du tout attention à tout cela, ils continuaient à parler des mêmes principes spirituels correspondant aux mêmes moments de l’année. Dès qu’ils commençaient à parler, nous savions ce qui allait suivre : que des platitudes, sans aucun nouvel éclairage ni quoi que ce soit de nouveau à apprendre. Les services n’étaient plus que des séries de gestes et de paroles pour la forme, qui ne nous permettaient pas du tout de connaître Dieu. en outre, les prêtres disaient des messes pour des fidèles qui avaient fait des offrandes de 500 yuans ou plus et qui entretenaient de bonnes relations avec eux, mais ils trouvaient toutes sortes d’excuses pour refuser d’en dire pour les membres les plus pauvres de l’église qui donnaient moins. Je me demandais pourquoi l’église était devenue comme un marché, où même les prêtres couraient après l’argent : ils étaient aveuglés par l’appât du gain, dédaigneux à l’égard des pauvres et pleins de sollicitude à l’égard des riches. Où nous conduisaient-ils ? C’était comme si grosse pierre bloquait mon cœur et que ma foi devenait tiède, comme chez la plupart des autres membres de l’église. Sans plus trouver le moindre plaisir aux offices, j’attendais simplement que le Père dise « Allez en paix », afin de pouvoir rentrer chez moi un peu plus tôt.

Un jour, en 2003, alors qu’une messe allait commencer, il y a eu une querelle entre deux prêtres, et cette messe n’a jamais été célébrée. L’église a fini par être divisée en deux factions. Quand je suis allée ailleurs assister à une grande messe, tout le monde parlait de cette scission au sein de l’église. J’ai pensé à quelque chose que le Seigneur avait dit : « Je vous donne un commandement nouveau: que vous vous aimiez les uns les autres; que comme je vous ai aimés, vous vous aimiez aussi les uns les autres. C’est à cela que tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Evangile selon Saint Jean 13:34-35). Le Seigneur nous a dit de vivre en harmonie les uns avec les autres et de nous aimer les uns les autres, mais les prêtres, outre qu’ils ne nous guidaient pas dans la mise en pratique des paroles du Seigneur, s’attaquaient mutuellement et formaient différentes factions. Ils ne ressemblaient vraiment pas à ce que l’on doit être quand on est catholique. Alors que certains paroissiens se demandaient si diviser l’église était conforme à la volonté de Dieu, un des prêtres a déclaré : « Ce n’est pas une question que vous devez vous poser. Il n’y a qu’un Dieu et tout ce que vous avez à faire, c’est Le suivre. » Certains ont même ajouté sans vergogne : « Si un Père fait quelque chose de mal, c’est à Dieu de gérer. Ne vous en inquiétez pas. » Je me suis demandée si ce n’était pas pour nous empêcher d’avoir notre propre discernement, pour que nous suivions le mouvement aveuglément. Certains des plus jeunes paroissiens, qui avaient une famille et étaient pris dans des obligations profanes, se tournaient vers les prêtres pour obtenir de l’aide, mais ces derniers leur expliquaient simplement sans conviction : « Chacun de nous doit porter sa croix. » Ils ne faisaient aucun effort pour indiquer un chemin de pratique. De telles réponses les laissaient impuissants, et ils continuaient à vivre dans la souffrance de leurs soucis matériels, sans aucun chemin qu’ils puissent suivre. Quelle était la cause de tous ces nouveaux problèmes dans l’église ? Je me sentais vraiment perdue, sans direction et sans but, et je ne voulais plus aller à l’église.

J’étais assise dans mon fauteuil et je repensais à ces dernières années durant lesquelles j’avais pratiqué ma religion. Je m’endormais en lisant les textes sacrés et assister aux messes ne m’intéressait plus. Je célébrais simplement les quatre plus grandes fêtes catholiques, mais je n’éprouvais plus ce sentiment de paix et de plénitude que m’avait apporté l’œuvre du Saint-Esprit. J’ai songé à quelque chose que j’avais retenu des cours de catéchisme : « Quelle est notre raison d’être dans ce monde ? Notre raison d’être est de vénérer Dieu et de sauver nos âmes. » Je n’ai pas pu m’empêcher de m’exclamer intérieurement : « Ô Dieu, où es-Tu, vraiment ? Comment dois-je faire pour Te suivre ? Dieu, où est le chemin vers lequel Tu me guides ? Si cela continue, mon âme finira à coup sûr en enfer. » Mais personne ne pouvait me dire la réponse. C’est à ce moment que j’ai eu un sentiment de vide, de tristesse et de désespoir. Je souffrais pour de bon et j’étais au bord des larmes.

Un jour d’octobre, ma mère m’a dit : « Le Seigneur que nous attendons est déjà venu. J’écoute des sermons depuis deux jours : veux-tu y aller aussi ? » J’ai été agréablement surprise. Je venais juste d’espérer que Dieu me guiderait : je ne me serais pas imaginé que le Seigneur était déjà revenu ! Cela voulait dire qu’il devait y avoir un chemin à suivre et que tous mes problèmes pourraient être résolus : je savais qu’il fallait que j’aille écouter ce sermon. J’ai acquiescé avec joie.

Le lendemain était un jour froid et pluvieux. Je me suis rendue avec ma mère chez une amie de l’église, comme prévu. En arrivant, nous avons vu deux sœurs qui étaient arrivées en avance. Elles avaient fait du chemin, et dans leur précipitation, elles n’avaient rien pris pour se protéger de la pluie, si bien que leurs vêtements étaient trempés. Malgré cela, elles souriaient joyeusement. Cela m’a émue, et j’ai repensé au temps où j’avais l’œuvre du Saint-Esprit. Je ne me souciais pas non plus des difficultés ni de la fatigue, et peu m’importait de devoir aller loin ou me lever très tôt pour pouvoir assister à un service : ce genre de sentiment ne peut être éprouvé que par l’œuvre du Saint-Esprit. Elles m’ont fait une bonne impression. Nous sommes toutes entrées, puis nous nous sommes assises, et ma mère s’est empressée d’annoncer simplement : « L’église s’est divisée en différentes factions, et les prêtres se querellent. Il y a aussi des tensions entre les paroissiens, et leur foi faiblit. Pourquoi l’église est-elle maintenant si désolée ? »

La sœur Fang a répondu : « Ta question concerne à la capacité d’accueillir le retour du Seigneur, et c’est un enjeu majeur que tout croyant doit comprendre. Il y a vraiment une raison pour laquelle l’église est désolée. Faisons un petit retour en arrière : à l’ère de la Loi, le temple était tout à la gloire de Dieu, et tout le monde vénérait Yahvé et respectait la loi. Cependant, vers la fin de l’ère de la Loi, le temple était devenu un repaire de brigands, un marché où s’échangeait le bétail et où l’on changeait l’argent. Les gens ne respectaient plus la loi, et quand ils enfreignaient la loi, Yahvé ne les sanctionnait pas. Que se passait-il donc ? Une raison à cela est que le Seigneur Jésus ayant amené l’ère de la Grâce et l’œuvre de Dieu ayant changé, le Seigneur Jésus n’était pas dans le temple mais dans les collines, au bord de la mer et dans les champs, à prêcher et à œuvrer. Tous ceux qui Le suivaient pouvaient obtenir la grâce et les bénédictions accordées par Dieu, et en écoutant Ses sermons, ils pouvaient bénéficier de la direction du Saint-Esprit. Leurs esprits étaient rassasiés. Cependant, ceux qui s’en tenaient rigoureusement à la loi et restaient dans le temple, rejetant le Seigneur Jésus, ne pouvaient pas obtenir la grâce de Dieu, ils ne pouvaient que sombrer dans les ténèbres. Maintenant, si l’on revient à la désolation actuelle de l’église, c’est aussi parce que Dieu n’œuvre plus en son sein, mais qu’Il a exprimé des vérités et accompli une étape de l’œuvre de jugement. Dans les catéchismes, ce serait « le jugement particulier ». Tous ceux qui suivent les pas de Dieu peuvent obtenir l’abreuvement et la nourriture de la vérité et bénéficier de l’œuvre du Saint-Esprit, tandis que tous ceux qui n’ont pas soif de la nouvelle œuvre et des nouvelles paroles de Dieu et ne les acceptent pas sombrent dans les ténèbres. C’est l’accomplissement de cette prophétie : “sur la terre, non une faim de pain, et non une soif d’eau, mais d’entendre les paroles de Yahweh”(Livre d’Amos 8:11).

Une autre raison à la désolation de l’église est que les chefs religieux ne suivent pas le chemin de Dieu, si bien que Dieu a pris Ses distances vis-à-vis d’eux. Tout se passe comme avec les pharisiens : ils étaient hypocrites, ils faisaient grand cas de vénérer Dieu mais ne guidaient pas les croyants sur Son chemin. Ils dévoraient les maisons des veuves, mettaient en avant leur connaissance des Écritures et de la théorie, et se donnaient de l’importance pour être admirés. Ils ne cherchaient pas l’œuvre du Seigneur Jésus et ne s’y intéressaient pas, mais s’en tenaient à leurs notions et n’acceptaient pas les vérités énoncées par le Seigneur Jésus. Ils ont résisté à Son œuvre, avec pour conséquence que le Saint-Esprit a cessé d’œuvrer dans le temple. Et aujourd’hui, les prêtres, les évêques et les autres membres du clergé sont comme les pharisiens : ils ne suivent pas le chemin de Dieu, mais flattent servilement les riches et méprisent les pauvres, se querellent pour un statut et se divisent en factions. Dans leur travail et leurs sermons, ils s’élèvent eux-mêmes à la place de Dieu : ils ne guident pas les fidèles vers la compréhension de la volonté de Dieu ni ne mettent Ses paroles en application, si bien que ce qu’ils vénèrent et admirent tous, c’est le clergé. Dieu n’a plus Sa place dans leurs cœurs. Pour couronner le tout, ils ne parlent que de connaissance théologique et de théories bibliques, ils ne donnent aux gens que des règles à appliquer et des rituels à pratiquer, ils les incitent à se cantonner dans des choses matérielles au lieu de chercher une église qui ait l’œuvre du Saint-Esprit. Ils ne cherchent pas l’œuvre de Dieu des derniers jours et ne s’y intéressent pas, et le résultat est que Dieu les a rejetés.

En réalité, dans la désolation de l’église, il y a le dessein de Dieu. Pour le comprendre, lisons un passage des paroles de Dieu : “Dieu accomplira ceci : Il imposera que toutes les personnes à travers l’univers viennent devant Lui et adorent le Dieu sur la terre. Son travail dans les autres lieux cessera et les gens seront obligés de chercher la vraie voie. Ce sera comme au temps de Joseph : tous venaient à lui pour la nourriture et se prosternaient devant lui, car il avait de la nourriture. Pour éviter la famine, les gens seront contraints de chercher la vraie voie. Toute la communauté religieuse souffre d’une famine sévère, et seul le Dieu d’aujourd’hui est la source d’eau vive, lui seul possède la source qui coule sans fin pour que l’homme s’y abreuve, et les gens viendront et dépendront de Lui.” Le dessein de Dieu est évident là-dedans : par la désolation de l’église, Il nous fait sortir pour aller à la recherche de ses pas. Tout se passe comme quand il y avait eu une famine sur la terre de Canaan, et que les gens ne pouvaient trouver du grain à manger qu’en allant retrouver Joseph en Égypte : c’était pour eux le seul moyen de survivre. Maintenant que Dieu n’œuvre plus dans les églises mais exprime la vérité et accomplit une nouvelle étape de l’œuvre de salut, c’est en sortant des églises pour chercher et suivre Ses pas que nous pourrons être abreuvés et nourris de la vérité et bénéficier de l’œuvre du Saint-Esprit. Tous ceux qui ne cherchent pas ou n’acceptent pas la nouvelle œuvre et les nouvelles paroles de Dieu n’obtiendront aucune nourriture dans leur vie, mais sombreront dans les ténèbres. »

L’échange de cette sœur m’a vraiment éclairée. J’ai compris que la situation actuelle de l’église résultait avant tout du fait que les membres du clergé, au lieu de suivre le chemin de Dieu, couraient après l’argent et le statut. Ils ont ainsi inspiré à Dieu la répugnance et le dégoût. Elle était due aussi au fait que Dieu n’œuvrait plus au sein de l’église, mais accomplissait une nouvelle étape de Son œuvre. Faute de suivre, nous ne sommes plus guidés par le Saint-Esprit et nous vivons dans la faim et la soif : note âme est dans les ténèbres et il n’y a aucun chemin. Il n’était pas surprenant que nous n’ayons plus le même entrain qu’auparavant dans notre foi.

Pages: 1 2